Honey
Honey !
“Honey ! Veux-tu venir un instant ?” Pour la génération des couples interculturels, appeler son conjoint avec ce petit surnom mielleux est à la mode. Ceux de l’Est se laisseront porter par un Schatz ou Schatzele ; ceux du Sud par un Carino…
Si les anciens se donnaient mutuellement du classique “chéri-chérie”, leurs enfants avaient pris la liberté de se choisir des petits surnoms affectueux : Mimi, Doudou, Finette… Mais certains d’entre nous sont allergiques à ce type de surnom amoureux ! Ils trouvent ridicules les “Bébé, Poussin, Puce” qui les renvoie à une impression désagréable d’infantilisation.
Pourquoi environ la moitié des couples se donnent-ils des surnoms amoureux ? C’est un rituel qui pose la spécificité de la relation amoureuse : personne d’autre que moi ne t’appelle comme cela ! L’usage du surnom devient gage de complicité.
On peut y voir aussi une appropriation de l’autre quand le préfixe mon-ma est utilisé. Une façon de dire son affection qui peut plaire à certains et renforcer le lien. Pour d’autres, c’est une coutume démodée qui prend possession de l’autre au détriment du respect de sa liberté.
Chacun a une relation particulière à son prénom. Il est porteur d’une histoire par le choix parental mais aussi par l’affect qu’on y associe. Dans la tradition biblique, le nom est porteur de sens et représente fortement la personne. Honorer ou déshonorer le nom de Dieu, par exemple, porte à conséquence. Cela pourrait nous encourager à réfléchir à ce que nous voulons exprimer en nommant notre conjoint ! L’usage de son vrai prénom, avec douceur, tendresse, admiration peut participer à établir une relation porteuse de respect et d’estime. Et à d’autres moment, choisir des petits noms familiers peut déclencher un rire espiègle qui fait du bien ! N’est-ce pas mon écureuil des bois ?

Conseillère conjugale et familiale, auteure
